Transports, Infrastructures & Mobilité

Mobilité durable


LOM : la « loi vélo » ?


De l’aveu-même de ses partisans, le vélo a obtenu en quelque temps des moyens inespérés de la part de l’Etat. Celui-ci est résolu à accompagner son développement, qu’une multitude de listes de gauche ou de droite, au plan local, ont soutenu lors des municipales.



Cet appui inédit se traduit par une série de mesures annoncées ou confirmées au printemps par la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne. Elles prennent des formes directes et indirectes et touchent tous les maillons de la chaîne. L’enveloppe permettant de subventionner à hauteur de 50 € les réparateurs pour chaque vélo apporté par un particulier pour une remise en état est portée de 20 à 60 M€ par l’Etat. Objectif : 1 million d’unités remises à neuf fin 2020. L’Etat va aussi compléter jusqu’à 200 € les aides des collectivités locales versées pour l’achat d’un vélo à assistance électrique. Concernant l’infrastructure, il va activer pour la première fois cet été le fonds de mobilité active, annoncé en 2018 dans le cadre du plan vélo qui doit porter sur 350 M€. La première tranche annuelle de 50 M€ sera distribuée, via un appel à projet, aux collectivités qui veulent pérenniser des pistes cyclables mises en place pendant le déconfinement. Autre coup de pouce, au sein du fonds pour les investissements verts dont le premier ministre a fixé fin mai le montant à 1 Md€, une part - non précisée - sera consacrée aux projets de développement de la petite reine. Destinataires : les communes et intercommunalités. Ce n’est pas tout, le gouvernement a également apporté un coup de pouce sur le plan réglementaire en levant certaines contraintes administratives. Elles ont permis à plusieurs villes d’aménager en un temps record 1 000 km de pistes cyclables provisoires, baptisée « coronapistes ».



Forfait vélo et marquage


Côté services, le forfait vélo, qui revient à faire financer par les entreprises l’utilisation du vélo pour les trajets domicile-travail à hauteur de 200 € par vélo, doit également aider ce mode de transport à changer de braquet. Cette innovation portée par la loi d’orientation des mobilités (LOM), qui risque d’être identifiée comme « la loi vélo », doit faire l’objet d’un texte d’application. Elle comporte d’autres mesures favorables, comme le marquage des bicyclettes avec la création d’une sorte de fichier des cartes grises. Objectif : réduire le risque de vol de vélo qui peut dissuader celles et ceux qui veulent devenir des pratiquants réguliers.



Avec seulement 3 % des déplacements quotidiens effectués en deux-roues non motorisés, la France part de loin. Elle espère tripler la part du vélo à 9 % grâce au plan vélo et ainsi se rapprocher du peloton de tête formé par les pays du nord de l’Europe. Les Pays-Bas dominent avec 27 % de part modale, suivi du Danemark (18 %) de l’Allemagne (10 %). Rien n’est impossible car « en Hollande, se déplacer en vélo, n’est pas un fait culturel, c’est le résultat d’une politique publique mise en place après le choc pétrolier de 1974 pour faire des économies d’énergie » note Sylvie Landriève, codirectrice du Forum Vies mobiles.



M.F.



Photo : Les ateliers de réparation de vélos, gagnants des nouvelles mesures. © FUB


 
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