Transports, Infrastructures & Mobilité

Stratégies


Pour une relance des autoroutes de la mer en Europe


En vue de la révision du règlement sur le réseau transeuropéen de transport (RTE-T), le coordinateur européen chargé des autoroutes de la mer, Kurt Bodewig, a conçu un plan de relance pour ces liaisons autour de trois leviers.


Le premier concerne la décarbonation des navires utilisés à travers le développement de combustibles non fossiles et de nouveaux systèmes de propulsion, le transfert modal route-mer et l’introduction d’éco-incitations. Au-delà du gaz naturel liquéfié (GNL) considéré comme « un carburant transitoire », Kurt Bodewig encourage les recherches sur l’hydrogène, l’ammoniac, l’éthanol et le méthanol, et soutient l’électrique bord-quai.
Le deuxième levier vise à renforcer la « connectivité multimodale » en améliorant la connexion des autoroutes de la mer avec les corridors terrestres, ferroviaires et fluviaux en particulier. Le coordinateur recommande enfin d’accélérer l’adoption d’outils numériques dans les échanges commerciaux, administratifs et douaniers et le partage dématérialisé des données dans la gestion du trafic maritime.
Pour chaque levier, il a évalué les investissements nécessaires sur la période 2021-2027. Ceux consacrés au « verdissement » de la flotte s’élèvent à plus de 1,5 Md€, la meilleure intégration aux corridors terrestres entre 400 M€ et 1 Md€, et la « transition numérique » à 335 M€. Le financement de ces actions serait tout d’abord public via, par exemple, le Mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) dans le but d’initier et lancer les projets dont le développement et la mise en œuvre seraient assurés par des fonds privés.


L’évaluation du règlement RTE-T par la Commission européenne a débuté cette année et doit déboucher sur une proposition de révision d’ici fin 2021 pour la période 2021-2027 au moins. Pour stimuler l’investissement privé en faveur des autoroutes de la mer, Kurt Bodewig propose de modifier les critères d’éligibilité qui conditionnent l’accès aux subventions européennes : supprimer l’obligation d’impliquer au moins un port principal et deux Etats membres, simplifier les procédures, permettre des connexions intra-nationales et intégrer les liaisons avec les pays tiers. En parallèle des incitations sont préconisées, telles que les dispositifs d’Ecobonus à l’attention des clients des autoroutes de la mer.


Erick Demangeon


Photo: Navire roulier de la compagnie DFDS. © DFDS


 
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