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Transport aérien en 2020 : l’activité fret a fait mieux que l’activité passagers


Le contraste est frappant. Si le transport de passagers s’est effondré en France en 2020, le transport de fret avionné s’en est mieux tiré en limitant sa baisse à 15,8 % en moyenne sur les aéroports métropolitains (et à 16,5 % aéroports d’outre-mer compris). Le fret aérien (aéroports d’outre-mer compris) est en effet passé de 2 440 012 à 2 037 994 tonnes entre 2019 et 2020. Paris-Charles-de-Gaulle, de loin la principale plate-forme fret de l’Hexagone, est pour sa part passée de 1 927 176 à 1 635 494 tonnes, signant une baisse de 15,1 %. Orly a été plus touché, passant de 88 609 à 54 724 tonnes, représentant une baisse de 38,2 %. Toulouse est en recul de 27,7 %, Lyon de 19,9 % et Marseille de 14,1 %. A contrario, seuls trois aéroports ont dans le même temps enregistré une croissance : Bâle-Mulhouse (+4,7 %), Paris-Vatry (+331,5 %) passant de 2 869 à 12 380 tonnes et Nantes-Atlantique (+11,4 %) pour un total passant de 8 789 à 9 790 tonnes.


D’une année sur l’autre, le nombre de mouvements fret a subi une situation contrastée, progressant en moyenne de 5 % (de 55 900 en 2019 à 58 714 en 2020) : ces mouvements ont cru de 16,3 % chez Aéroports de Paris, passant de 29 451 à 34 255, alors qu’ils ont baissé de 7,5 % sur les autres aéroports métropolitains, passant de 26 449 à 24 459. Enfin, le fret postal a reculé de 38,2 % l’an dernier, passant de 218 555 à 134 980 tonnes.


Même s’il a baissé en 2020, le fret avionné est venu à propos secourir une activité passagers en berne. Le groupe Air France-KLM a ainsi transporté en 2020 un total de 800 000 tonnes, certes en baisse de 20,8 % par rapport à l’année précédente. Pourtant, le groupe a bouclé l’année avec un chiffre d’affaires fret en hausse de 19,3 %. Disposant d’une flotte de six avions tout cargo et des soutes de ses 99 longs courriers à même de transporter du fret, le groupe (qui dessert 83 pays) a pu compenser le manque de passagers par des transports de fret plus rentables et mieux vendus, le yield s’appliquant aussi à ce type de transports, souvent à haute valeur ajoutée. « Certains vols ne sont rentables que grâce au cargo », explique un porte-parole du groupe. Qui plus est, le groupe n’a pas hésité à adapter ses rotations fret à la spécificité des marchés (fleurs, beaujolais, médicaments, etc.), réagissant presque à la semaine en fonction des demandes, notamment pour les transports de vaccins anti-Covid-19. « C’est un marché qu’on connaît, ajoute-t-il, nous savons transporter ces produits depuis trente ans ». Et les hubs de Roissy et d’Amsterdam sont équipés en ce sens. En définitive, alors que le transport cargo représente ordinairement 10 % de l’activité du groupe, il s’est hissé à 50 % l’an dernier.



Outre ses six avions spécifiquement cargos, le groupe Air France peut en effet compter sur sa centaine d’avions long-courriers, leurs soutes de grande taille et sur ses 83 destinations desservies à travers le monde pour proposer une offre cargo pertinente, quelle que soit la nature du fret et les points d’emport et de débarquement de ce dernier. En 2020, le transport de fret s’est révélé à ce point déterminant qu’il est arrivé que le groupe fasse décoller des avions passagers fermés à la réservation et ne transportant que du fret dans leurs soutes.



Jean-Claude Pennec


Même en baisse, le fret avionné a été d’un grand secours pour les compagnies aériennes l’an passé. © iStock


 
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