Transports, Infrastructures & Mobilité

Infrastructures


VNF et l’État signent un accord donnant-donnant pour dix ans


C’est une première pour VNF. Les dix prochaines années du gestionnaire du réseau fluvial seront balisées par un accord passé avec l’État qui doit donner un coup d’accélérateur aux investissements. Avant l’été, les deux partenaires signeront un contrat d’objectif et de performance (COP) couvrant la période 2020-2029, précédant l’ouverture du canal Seine-Nord. « Le texte que VNF a validé en mars fixe une trajectoire de 3 Md€ d’investissements », résume Thierry Guimbaud, directeur général de VNF depuis 2017. « Cela se traduit en 2021 et 2022 par un doublement des montants à 300 M€ par an. » Et, en principe, autant dans les années suivantes… à condition que VNF tienne le rythme des travaux et que Bercy ne rogne pas à chaque loi de finances.


Un tel effort doit concrétiser la volonté politique, inscrite dans la loi d’orientation des mobilités, d’augmenter la part très marginale (3 %) du fluvial dans le transport des marchandises. « L’objectif est de doubler le trafic en dix ans, détaille Thierry Guimbaud, avec un volume qui pourrait atteindre 10 milliards de tonnes-kilomètres en 2030, mais je ne préfère pas donner d’objectifs de part de marché. » Dans tous les cas, il y a une marge de progression, le trafic n’a cessé de s’effriter durant la précédente décennie. « En 2019, on a retrouvé le niveau d’il y a sept ou huit ans, mais la crise sanitaire a fait perdre 15 % d’activité l’an passé. »


Comme pour le réseau ferroviaire, le surplus de moyens va servir à remettre à niveau des équipements – en premier lieu des écluses – qu’on a laissé vieillir et se dégrader à force de serrer les moyens. La focalisation sur le projet Seine Nord Europe a aussi contribué à négliger l’existant. Pour rattraper le temps perdu, cette année VNF va investir 140 M€ sur les canaux à petit gabarit et 130 M€ sur le grand gabarit. En préparation : modernisation, automatisation des équipements et digitalisation. Symbole emblématique de cette renaissance, la rénovation et l’allongement des écluses de Méricourt sur la Seine, un programme évalué à 50 M€.


Revers de la médaille : en contrepartie, l’établissement public, largement dépendant des subventions, va devoir compter davantage sur lui-même que sur l’État. Sur un budget de 587 M€ en 2020, il en a apporté 384, la part de l’Union européenne et des collectivités étant dix fois moindre. « La trajectoire cible du COP prévoit à l’horizon 2029 une augmentation de l’ordre de 60 % des ressources propres de l’établissement (hors redevance hydraulique dont le montant est plafonné à ce stade à 126 M€) », explique le gestionnaire d’infrastructure. Comment y parvenir ? En tablant sur une combinaison. L’essor du trafic doit booster les revenus de péages qui eux-mêmes vont faire l’objet d’une réforme, avec des hausses ciblées. Leur poids est dérisoire : 8 M€ en 2020 et 28 M€ pour les redevances domaniales qui pourraient être modifiées. Les recettes hydroélectriques contribuent pour 13 M€.


Les perspectives de développement du tourisme fluvial constituent pour VNF un bon levier pour attirer les élus locaux. L’établissement public chiffre à 3 Md€ les retombées que cette activité pourrait avoir sur les territoires dans dix ans, contre 1,5 Md€ aujourd’hui. Il présente donc comme des investissements les apports des collectivités pour l’entretien ou l’aménagement de rivières et de canaux. Le COP prévoit une augmentation des cofinancements de l’ordre de 50 % avec les collectivités locales et l’Union européenne. « L’objectif est en effet de nouer des partenariats afin de réaliser les projets les plus adaptés aux territoires. Leur cofinancement devrait augmenter en conséquence », explique VNF.


Marc Fressoz


Photo : VNF doit bénéficier de 3 milliards d'euros pour moderniser son réseau jusqu'à la fin de la décennie. © D. R. 


 
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