Transports, Infrastructures & Mobilité

Concurrence


Un risque d’inflation dû à l’augmentation des tarifs maritimes


Le blocage du canal de Suez par le porte-conteneurs Ever Given pendant près d’une semaine en mars a rappelé au monde, et à l’Europe en particulier pour ses échanges avec l’Asie, sa dépendance au transport maritime. Cet incident a déclenché une nouvelle flambée des taux de fret conteneurisés, qui commençaient à peine à se stabiliser aux sommets historiques atteints en 2020. « Environ 80 % des marchandises que nous consommons sont transportées par mer et nous l’oublions. Les taux du fret maritime conteneurisé ont des répercussions sur le commerce mondial puisque la grande majorité des produits manufacturés – y compris les vêtements, les médicaments et les produits alimentaires transformés – sont expédiés par cargos. La hausse des taux de fret conteneurisé touchera la plupart des consommateurs, car les entreprises ne pourront pas la supporter et la répercuteront sur leurs clients », selon Jan Hoffmann. Le responsable commercial et logistique de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement a publié fin avril une note sur les raisons et les conséquences de l’envolée des taux de fret maritime sur l’économie mondiale. Elle cite deux raisons principales. La première serait due à un déséquilibre entre une offre stable (ou maîtrisée) et une demande en forte hausse. Si le report d’une partie des flux aériens sur le maritime du fait de la réduction des capacités soutes des avions n’est pas évoqué, l’appétit des consommateurs pour des biens manufacturés boostés par l’e-commerce et les plans de relance étatiques alimenterait la demande. La deuxième raison s’expliquerait par la difficulté à repositionner les conteneurs vides à l’origine d’une pénurie de boîtes sur les principales routes maritimes. Ce manque serait amplifié par des stationnements prolongés ou des désorganisations dans des points multimodaux comme les ports. À l’attention des États, trois pistes d’amélioration sont avancées par la CNUCED pour améliorer l’équilibre entre l’offre et la demande ainsi que la résilience du transport maritime conteneurisé. Elles concernent la mise en œuvre de réformes visant à faciliter et à simplifier le commerce mondial. Elles encouragent le développement d’outils d’analyse sur l’évolution du transport maritime et de partage d’informations entre tous ses maillons pour améliorer sa transparence. S’agissant de l’offre, la note invite les États « à veiller à ce que leurs autorités de la concurrence disposent de ressources et d’expertises nécessaires pour enquêter sur des pratiques potentiellement abusives dans le transport maritime ».


Le renchérissement des taux de fret maritime et la réduction des capacités soutes en transport aérien (qui a aussi pour conséquence d’augmenter le coût du fret aérien) semblent profiter au rail entre l’Europe et l’Asie. En 2020, 12 400 trains de marchandises ont circulé entre la Chine et l’Europe, en augmentation de plus de 50 % par rapport à 2019. Cette progression se confirme depuis le début de l’année 2021, stimulée par le blocage du canal de Suez. Partie intégrante du programme chinois des « Nouvelles Routes de la soie », plus de 160 villes dans 22 pays européens sont aujourd’hui desservies par des services ferroviaires avec la Chine selon le ministère des Affaires étrangères chinois.


Erick Demangeon


© Adobe Stock - 80 % des marchandises sont transportées par la mer. 


 
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