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Grand Paris Express : entre retards de livraison et anticipations de mise en service


À cause des confinements et de leurs effets sur l’activité économique, on savait que la Société du Grand Paris (SGP) Express aurait du mal à tenir son calendrier, mais on n’imaginait pas que le dérapage serait aussi important. Le 13 juillet, le conseil de surveillance de la SGP a pris acte des retards de construction et de mise en service des lignes du futur métro automatique d’Île-de-France, dont la réalisation est la plus avancée. Sachant qu’en 2019, un audit de PwC considérait déjà comme illusoire l’objectif d’être à l’heure pour les Jeux olympiques de Paris, le retard le moins surprenant concerne les tronçons des lignes 16 et 17 qui devaient desservir certains sites de Seine-Saint-Denis utiles à l’événement d’août 2024. Le décalage, à ce jour, est évalué à plus de deux ans, soit une ouverture prévue « pour le deuxième semestre 2026 ».Autre mauvaise nouvelle pour les usagers, la ligne la plus structurante, la 15 sud dont l’entrée en service était programmée pour 2024 est également affectée par des « décalages significatifs », a déploré le président du conseil de surveillance, Olivier Klein, maire de Clichy-sous-Bois. Sa mise en service est repoussée à fin 2025. Les extensions de l’actuelle ligne 14 constituent les seuls motifs de satisfaction. « Les objectifs de mise en service des prolongements de la ligne 14 au sud jusqu’à l’aéroport d’Orly et au nord jusqu’à la gare de Saint-Denis Pleyel restent maintenus à la mi-2024 », rassure en effet la SGP.


Pour la suite, le maître d’ouvrage du super métro automatique promet de faire des miracles en raccourcissant sensiblement les délais de livraison à Île-de-France Mobilités d’une bonne partie des lignes restantes. Ainsi la ligne 17, jusqu’au parc des expositions, est avancée « à l’horizon 2028 » contre 2030. Idem pour le tronçon central de la ligne 18, entre Massy-Palaiseau et Saclay, avancé d’un an, c’est-à-dire « à l’horizon 2026 ». Des prévisions qu’il faut prendre comme telles et qui traduisent la volonté du président du directoire Jean-François Monteils de reprendre en main le chantier, d’imposer son rythme, alors qu’une des raisons de l’éviction de son prédécesseur, par Matignon, aurait été les retards des lignes dont la mise en service figurait dans le dossier de candidature aux Jeux olympiques. La SGP s’engage sur un fonctionnement de l’ensemble des lignes du GPE en 2030. D’ailleurs, « s’agissant des lignes 15 est et 15 ouest, dont la réalisation est prévue sous un mode contractuel différent (conception-réalisation) » et qui se trouvent actuellement en phase de dialogue compétitif, « l’horizon de mise en service à 2030 fixé dans la précédente feuille de route ne connaît pas à ce stade d’évolution significative », ajoute l’établissement public.


 


Les turbulences que traversent les chantiers du Grand Paris Express confirment un fait connu : les grands travaux subissent toujours des retards en raison d’aléas qui se traduisent aussi en surcoûts. Reste à chiffrer les surcoûts qui s’annoncent conséquents. Pour les pouvoirs publics, avoir voulu croire au rendez-vous possible du GPE et des JO en pratiquant la méthode Coué coûte également cher. Par ricochet, Solideo la structure chargée de construire les infrastructures des JO va devoir engager des dépenses nouvelles pour déplacer certaines fonctions sur d’autres sites.


 


Marc Fressoz


© Grand Paris Express


 
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