Transports, Infrastructures & Mobilité

Logistique


Le non accompagné alimente la rivalité entre Getlink-CargoBeamer et le port de Calais


C’est une alliance à laquelle on ne s’attendait pas. Eurotunnel et CargoBeamer, autrement dit l’exploitant du lien fixe transmanche et l’opérateur d’autoroute ferroviaire dont le terminal est installé sur le port de Calais, ont annoncé en septembre « le lancement d’un nouveau service de transport 100 % ferroviaire de fret non accompagné sur le détroit, au départ de Calais et à destination d’Ashford ». Concrètement, cette solution consiste à proposer aux transporteurs qui envoient des remorques non accompagnées sur la liaison Perpignan-Calais de prolonger l’acheminement en Angleterre jusqu’à Ashford. Pour effectuer l’opération, un prestataire routier local récupère l’envoi sur le terminal CargoBeamer et l’achemine de l’autre côté de la Manche en empruntant les navettes fret d’Eurotunnel entre Calais Fréthun et Folkestone. « Nous visons à court terme 8 300 remorques annuelles et ensuite 15 000 remorques par an. Trouver un nouveau type trafic sert à compenser la stagnation structurelle du trafic poids-lourds engendré par le Brexit », indique Getlink, la maison mère d’Eurotunnel. Le non accompagné, qui répond en partie aux difficultés engendrées par la pénurie de chauffeurs, devient ainsi un nouvel enjeu de la bataille entre lien fixe et ferries. Reste que la part du tunnel s’annonce très réduite, d’autant plus que le démarrage des navettes CargoBeamer se solde pour l’instant par un taux de remplissage très bas et des pertes importantes. Le port de Calais fort de ses nouvelles installations vise 250 000 unités par an.



Ce service corrige un peu l’erreur volontaire qui a consisté à éviter que les autoroutes ferroviaires arrivant à Calais puissent poursuivre dans le tunnel sous la Manche. Cette impasse résulte en grande partie du choix de la SNCF et de sa filiale VIIA – qui nourrit une défiance historique vis-à-vis de Getlink –, de faire alliance avec le port. En 2016 son terminal implanté a permis le lancement d’un Calais-Le Boulou.



Marc Fressoz


 
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