Transports, Infrastructures & Mobilité

Infrastructures


La relance des LGV, une fuite en avant ? 


Après les présidentielles de 2017, on freine des quatre fers. Avant celles de 2022, on accélère à fond. On peut résumer de cette façon la politique du quinquennat Macron en matière de lignes à grande vitesse. Le 17 septembre, lors de la célébration des 40 ans du TGV gare de Lyon, le président de la République a relancé le programme LGV en annonçant que « nous continuons cette fabuleuse histoire », programme qu’il avait pourtant stoppé lors de l’inauguration de la LGV Tours-Rennes, tout en faisant de l’amélioration des trains du quotidien la grande priorité, inscrite dans la LOM… Dans la foulée des premières annonces de Jean Castex avant l’été : la volonté de boucler la branche toulousaine du GPSO. L’État promet 4,1 Md€ de subventions, les collectivités étant chargées de réunir les autres 4 Md€ - dont le devis n’a pas encore été réactualisé - pour une réalisation. Reste que le financement n’existe pour l’instant pas, il sera l’affaire du prochain quinquennat et donnera une idée du calendrier d’ouverture de la ligne que les observateurs ne jugent pas possible avant le cap de 2030. Cette annonce aura au moins le mérite de donner une impulsion aux travaux d’amélioration des sorties et entrées de Bordeaux et de Toulouse. Confirmés également par le bouclage du barreau Montpellier-Perpignan (avec 1 Md€ de l’État), tout comme les projets LNPCA (avec 1,3 Md€). Le chef de l’État a ouvert d’autres perspectives en évoquant la poursuite par phase de la modernisation de l’axe Paris-Normandie, le Lyon-Turin (dont le cofinancement français du chantier reste un problème) ainsi que la liaison Roissy-Picardie qui doit créer un lien entre la LGV Interconnexion Est et la ligne Paris-Creil-Amiens. Ce projet qui mêle LGV et desserte du quotidien doit permettre aux Picards d’aller en train à l’aéroport de Roissy-CDG.


Dans un contexte où SNCF Réseau aura été désendetté de 35 Md€ (25Md€ en 2020 et 10 Md€ en 2022) et où la régénération du réseau entre en vitesse de croisière avec sur le papier quelque 3 Md€ garantis par an, l’exécutif relance la construction de lignes nouvelles même si la Covid-19 ébranle toujours le groupe ferroviaire. Certes, le vieillissement du réseau est enrayé, mais son âge moyen reste supérieur à la moyenne européenne. Cependant, la suite de cet effort dépendra de la capacité de l’État à tenir ses engagements dans le co-financement des plans conclus avec les régions au sujet du réseau classique et notamment des petites lignes. En tout cas, repris par l’attrait des grands projets, cédant à la pression constante des élus, à celle d’Alstom qui a intérêt à ce que le réseau s’étende pour vendre son futur TGV M, et à celle des entreprises de travaux publics, le chef de l’État relance la machine. Les projets sélectionnés figurent dans la liste dressée en 2018 dans le rapport Duron sur « les mobilités du quotidien » réalisé dans le cadre du Conseil d’orientation des infrastructures. La pause de 2017 était bien une exception.


Marc Fressoz


© DR


 
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