Transports, Infrastructures & Mobilité

Infrastructures


Autoroutes : le gendarme des transports s’oppose au retour à l’adossement


L'autorité de régulation des transports (ART) est très réservée au sujet de la solution choisie pour réaliser le projet de contournement ouest de Montpellier (COM). Celui-ci doit relier en 6 km l’ex-A 9 et l’A750 qui dessert Lodève et Millau. Dans un avis publié le 12 novembre, qui n’est que consultatif, le régulateur déplore la solution de l’adossement retenu par le Gouvernement qui consiste à intégrer ce tronçon dans la concession historique d’ASF gérée par Vinci Autoroutes. Cette solution revient à faire financer ce lien sans péage de moins de 10 km par tous les usagers d’un réseau ASF s’étendant sur 2 700 km. Ils paieront un sur péage de 0,18 % porté ensuite 0,23 % entre 2023 et 2026 en fonction d’une construction prévue en trois phases. À la place, l’ART invite l’État à procéder à une « mise en concession autonome du COM » avec « une mise à péage ». Selon ses calculs, un péage de 1,6 € permettrait de financer les travaux estimés à 237 M€ (valeur économique 2018). L’absence de mise en concurrence a fait flamber le devis par rapport à ce chiffrage. « Les montants d’investissement prévisionnels ont fortement augmenté » sur les postes à forts enjeux, « les prix sont dans l’ensemble surestimés », juge-t-elle et le niveau des majorations de péage n’est pas justifié. Les responsabilités semblent partagées et l’État concédant n’a pas forcément eu le choix. À l’origine, cette autoroute devait être réalisée en maîtrise d’ouvrage directe, mais les élus des collectivités locales qui devaient cofinancer cette bretelle ont finalement tourné casaque. Ils ont milité pour la solution de l’adossement qui paraît dans la mesure où la gratuité a été retenue. Difficile de savoir si l’État va reprendre sa copie ou engager un bras de fer avec le régulateur sectoriel. En tout cas, l’ART joue son rôle de garde-fou. Le Conseil d’État interdit tout schéma consistant à faire financer « un projet autoroutier par un péage perçu sur un tronçon distinct de l’itinéraire emprunté par l’usager appelé à bénéficier du nouvel ouvrage », pointe l’ART. Reste que la LOM a autorisé une forme d’adossement pour certains types de voies routières en continuité des concessions autoroutières.


Hasard du calendrier, le débat autour de ce projet intervient alors que le contournement autoroutier ouest de Strasbourg est entré en service le 12 décembre 2021. Celui-ci a fait l’objet d’une mise en concession après appel d’offres remporté par une filiale de Vinci Autoroutes (Arcos) qui s’insère à la jonction des domaines historiques d’APRR et de Sanef.


Marc Fressoz 


 
Réagissez à cet article !
 
   Votre nom :  
Votre e-mail :  
 
Votre commentaire :  
 
 
identifiant  
Mot de passe  
 
 
Partager sur :  twitter Linkedin
 

Partenaire
petits-déjeuners-débats