Transports, Infrastructures & Mobilité

Infrastructures


COI : passer de 15 à 22 milliards d’euros d’investissement par an


La nouvelle équipe gouvernementale dispose d’ores et déjà d’un état des lieux sur les investissements réalisés récemment et d’une perspective sur ceux à mener pour améliorer les transports et les mobilités. « Le bilan de ces dernières années montre une montée en puissance des investissements dans les transports, cohérente avec la loi d’orientation des mobilités (LOM) grâce, en particulier, aux crédits temporaires du plan de relance », relève le rapport du Conseil d’orientation des infrastructures (COI) remis le 16 mars. Les engagements de dépenses se seraient ainsi élevés à 15,3 Md€ par an en moyenne entre 2018 et 2022 contre 8,5 Md€ par an au cours des années précédentes. Cette augmentation « a permis de ralentir le vieillissement des routes nationales non concédées et des voies fluviales sans inverser la tendance », selon le rapport. Pour le réseau ferré, « les crédits de renouvellement sont restés très en deçà du niveau requis pour enrayer sa dégradation. La France a accumulé un grand retard dans la modernisation du réseau structurant ».



Face à ce constat, le COI fixe plusieurs priorités. Leur mise en œuvre représenterait « plus de 200 Md€ d’investissements en dix ans ». Elles supposeraient un engagement de dépenses de 22,3 Md€ par an sur la période 2023-2027 et autant jusqu’en 2032. Dans le secteur ferroviaire, le Conseil place en priorité « l’accélération de la régénération, la commande centralisée du réseau, le développement de l’ERTMS et de la 5G ». S’agissant des routes, des ports et des voies navigables, la poursuite de leur modernisation est encouragée en y adjoignant « des efforts significatifs favorables à la décarbonation. Il convient d’intégrer aux réflexions les transferts rendus possibles par la loi 3DS (différenciation, décentralisation, déconcentration et simplification de l’action publique du 21 février 2022) et la perspective dans dix ans de la fin des concessions autoroutières en cours ». Pour les transports en commun, urbains et régionaux, le COI préconise « de conforter leur modèle économique » et prévient que « les nouveaux services supposent d’assumer des dépenses de fonctionnement futures conséquentes ». Son rapport recommande enfin d’améliorer « la gouvernance de la programmation et des projets » ainsi que « les relations entre les cofinanceurs et les maîtres d’ouvrage. Une vision élargie à l’ensemble des dépenses des collectivités en matière de mobilités, même quand elles ne sont pas subventionnées par l’État, est souhaitable ».



Le rapport du COI liste différents projets d’infrastructures sans les hiérarchiser ni les chiffrer avec précision. « Dès que le prochain gouvernement aura explicité ses objectifs (priorités et cadrage financier), le Conseil lui proposera trois trajectoires d’investissement public, crédibles et priorisées, sur les vingt prochaines années, avec un accent particulier sur les deux premiers quinquennats », indique son président David Valence. Ce deuxième rapport serait remis d’ici à l’automne 2022. Parmi les trois trajectoires, une reprendra les thématiques présentées comme « consensuelles ». Elle devrait intégrer, notamment, la poursuite des efforts d’amélioration et de modernisation du patrimoine routier, fluvial, portuaire et ferroviaire, les infrastructures consacrées aux énergies « vertes » (recharges pour véhicules électriques, production d’hydrogène vert…) et le renforcement des offres de fret massifiées, ferroviaires et fluviales, en cohérence avec les ports et les besoins des entreprises. Les deux autres scénarios appelés « sélectif » et « maximal » seront plus ambitieux selon le COI.


Erick Demangon 


© DR - Le COI estime à plus de 200 Md€ les investissements à engager en France au cours des dix prochaines années. 


 
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