Transports, Infrastructures & Mobilité

Concurrence


L’exploitation du Grand Paris Express suscite l’intérêt du gestionnaire du métro de Milan


C’est une petite surprise. L’appel d’offres pour la gestion des deux premières lignes du métro automatique du Grand Paris, la 16 et la 17, donne lieu à une candidature inédite. Celle de l’exploitant du métro de Milan, Azienda Trasporti Milano (ATM), allié au groupe d’ingénierie Egis, dont une part de l’activité consiste à exploiter des infrastructures ou des services. Le 5 avril, ils ont annoncé avoir déposé une offre initiale au nom de leur groupement Atemis qui ambitionne de « devenir un opérateur de référence des métros en France ». C’est la première fois que la société transalpine tente sa chance dans le pays. En revanche, elle est sortie de ses frontières depuis longtemps en réussissant à s’implanter au Danemark il y a quatorze ans. Depuis 2008, ATM gère les lignes de métro automatique de Copenhague (lignes 1,2, 3, 4) et cette expérience lui sert de vitrine.



Atemis vient titiller deux autres candidats à 100 % ou très majoritairement français qui n’ont jamais fait mystère de leur fort intérêt pour le Grand Paris Express. Il s’agit de Keolis d’un côté, et du groupe RATP allié à Alstom et à l’opérateur singapourien ComfortDelGro de l’autre. Les deux compétiteurs ont des atouts à faire valoir. Keolis qui poursuit son implantation en Île-de-France via les marchés qui s’ouvrent (CDG Express, Optile, lignes de tram-train) se pose comme le leader des métros automatiques dans le monde. Le groupe RATP a besoin de conquête pour contrebalancer la perte inévitable de marchés sur son réseau de bus. Il peut mettre en avant la capacité de son groupement à maîtriser l’intégration d’un système : la RATP est le gestionnaire d’infrastructure du Grand Paris Express, Alstom le fournisseur des futures rames. Quant à ComfortDelGro, partenaire minoritaire, il apporte son expérience d’exploitant de métros automatiques dans plusieurs pays.



 Pour Île-de-France Mobilités, la présence d’un outsider qui va également candidater sur la ligne 15 sud est une bonne nouvelle. L’autorité organisatrice redoutait un match restreint à deux acteurs traditionnels, Transdev ayant fait l’impasse sur l’exploitation des lignes du Grand Paris Express. Île-de-France Mobilités devrait désigner le vainqueur vers la fin 2022 ou le début 2023, la prise en charge des premières sections des lignes 16 et 17 (55 km) étant prévue en 2024, la gestion du site de maintenance et de remisage ainsi que du poste de commande centralisé du centre d’exploitation d’Aulnay.



 Marc Fressoz


© Laure Parny - Aménagement du GPE.


 
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