Transports, Infrastructures & Mobilité

Transport du quotidien


Quatre modèles de petits trains sélectionnés pour revivifier de petites lignes


Le signal de départ pour le développement de trains légers destiné aux lignes rurales a été donné début mars. À l’issue de l’appel à projets « digitalisation et décarbonation du transport ferroviaire » lancé par l’Ademe en juillet 2021, le Gouvernement sortant a officialisé les cinq projets retenus dont quatre concernent la fabrication de trains prévus pour circuler à l’horizon 2030. Les différentes équipes se répartiront une aide de 75 M€ attribuée dans le cadre de France 2030. Tous ces véhicules qui ne sont pas attendus sur les rails avant 2028-2030 auront comme caractéristique de fonctionner sur batteries électriques, mais chacun répond à des besoins distincts.



Parmi les lauréats, deux d’entre eux – le train léger innovant et Draisy – ont bénéficié d’un coup de projecteur grâce à la SNCF qui les a déjà médiatisés. Le « train léger innovant » (90 M€ de budget de développement) promu par l’opérateur public ainsi qu’Alstom, CAF, Thales, Faiveley, etc., est celui qui s’apparente le plus à un TER classique, mais avec un objectif de réduction de 30 % des coûts globaux. Il est conçu pour transporter 80 personnes sur le réseau régional. Draisy, moins capacitaire, est destiné à circuler jusqu’à 100 km/h en conduite autonome sur de petites lignes ou tronçons de lignes à faible trafic et a une capacité d’emport de 30 places. La SNCF et le constructeur Lohr ont l’ambition de diviser par deux le coût au siège. Le Gouvernement, via l’Ademe, a désigné deux autres projets au budget plus modeste portés par des acteurs indépendants. Écotrain (8 M€), développé par Stratiforme et ses partenaires dont Socofer avec l’appui de la Région Occitanie, est un système de navettes autonomes ferroviaires sans conducteur, à faible charge à l’essieu, prévu en version « micro-fret » et en version passager pour 30 personnes. Enfin, le programme Flexmove (30 M€) repose sur l’adaptation d’automobiles électriques de série et marque une rupture en s’inscrivant dans une optique rail-route. Ses promoteurs (Sicef, Stellantis, Akka, Alstom, université Gustave-Eiffel…) vont développer « un service de mobilité à la demande, pouvant emprunter la route comme le rail au sein d’un même trajet », le véhicule étant autonome sur les rails et conduit manuellement sur la route. Ce projet concurrence Flexy, le véhicule rail-route non autonome sur lequel la SNCF travaille avec Michelin, mais qui n’est pas labellisé par le Gouvernement.



La création d’une gamme de trains plus économiques constitue l’un des volets de la stratégie de relance des petites lignes ferroviaires qui a été mise en marche avec la loi d’orientation des mobilités. Des règles allégées pour la maintenance et l’exploitation des lignes, une décentralisation de la gestion de certaines lignes en faveur des régions en représentent les autres volets, sans parler de l’ouverture à la concurrence de l’exploitation des services. « L’objectif final est d’attirer des passagers et de faire revenir ceux qui avaient abandonné le train en allant les chercher plus près de chez eux », résume Carole Desnost, directrice technologies, innovation et projets du groupe SNCF.



Marc Fressoz



© SNCF - Draisy 


 
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