Transports, Infrastructures & Mobilité

Transports du quotidien


ZFE : les enseignements du sondage bordelais


Zones à faibles émissions (ZFE) : attention, danger ! La façon dont les administrés appréhendent ce dispositif potentiellement explosif suscite l’inquiétude des élus. Les ZFE banniront progressivement les véhicules les plus polluants des métropoles. Les élus de Bordeaux Métropole, qui instaurera sa zone à faibles émissions en 2025, ont voulu mesurer les difficultés à travers un sondage (1 022 habitants de la métropole et 1 001 Girondins ont été interrogés en mars-avril par l’Ifop). Il offre des enseignements généralisables à toute la France : l’écologie crée un faible consensus lorsqu’elle apparaît punitive, et le dispositif des ZFE risque bien d’accroître le sentiment d’exclusion territoriale et sociale entre le centre et les campagnes. Ainsi, en Gironde, 93 % des sondés adhèrent à l’idée que la pollution atmosphérique nuit à la santé. Ils souscrivent largement à l’objectif d’avoir un air propre et considèrent le transport comme étant la première source de pollution devant l’industrie. Mais si 67 % des métropolitains sont d’accord pour interdire les véhicules les plus polluants, 56 % seulement le sont en Gironde. Un écart à lire au regard de la dépendance à la voiture. 41 % des métropolitains se déplacent avec des moyens alternatifs (dont 24 % en transport en commun), uniquement 13 % pour ceux qui vivent en dehors. Un énorme travail de pédagogie reste à mener car seul un habitant girondin sur quatre a entendu parler des ZFE et un sur trois ignore la catégorie Crit’Air de sa voiture. Le pourcentage de la population touchée devrait être limité, se rassurent les élus. « 80 % des véhicules sont classés entre le Crit’Air E et le Crit’Air 3, révélant un parc automobile girondin assez récent », notent-ils, et ceux qui seront bannis (Crit’Air 4 et 5 ou non classés) ne représentent « que 11 % du parc automobile métropolitain ». 


Ce sondage constitue une étape de la démarche prudente – à l’inverse de la métropole de Strasbourg – adoptée par les élus bordelais qui mènent des concertations avec les différents publics. Du printemps au mois de septembre, il s’agit de « travailler en profondeur les modalités de la ZFE, notamment sur les cas particuliers ». Parallèlement, un travail est conduit avec 5 groupes d’usagers représentatifs. But : identifier les mesures d’accompagnement, les cas particuliers et les enjeux de dérogation. Enfin, une consultation territoriale (prévue de mai à octobre) associe les collectivités voisines, la Région Nouvelle-Aquitaine, le Département de la Gironde et les partenaires économiques et sociaux.


À terme, quelque 43 ZFE pourraient être mises en place en France, concernant 26 millions d’habitants, soit 40 % de la population. Certaines métropoles ont déjà installé la leur : Grand Paris, Rouen, Reims, Strasbourg, Saint-Étienne, Lyon, Grenoble, Toulon. Quelques-unes s’y préparent : Bordeaux, Montpellier. Le point sensible est relatif aux alternatives offertes. Des primes à la conversion existent, mais les véhicules électriques demeurent coûteux et inaccessibles pour de nombreux ménages. La promesse de la majorité présidentielle d’instaurer une société de leasing donnant accès à une voiture électrique pour 100 € par mois reste à concrétiser.



Marc Fressoz 


© DR - ZFE


 
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