Transports, Infrastructures & Mobilité

Logistique


La logistique urbaine francilienne vue par les professionnels


Le Groupement des activités de transport et de manutention de la région Île-de-France (Gatmarif) rassemble tous les acteurs franciliens du transport de fret et de la logistique : les acheteurs de ces prestations comme leurs fournisseurs. C’est donc uni que le secteur a rédigé un livre blanc « Pour une logistique urbaine optimisée en Île-de-France d’ici 2030 » en cours de diffusion auprès des élus et administrateurs des collectivités locales d’Île-de-France. Il formule 35 propositions autour de cinq priorités dont deux « urgentes » selon le groupement : « Améliorer les conditions d’exercice de la livraison urbaine pour agir contre la souffrance au travail et établir un agenda partagé et réaliste pour la conversion des flottes de véhicules professionnels. »


Avec un impact sur l’attractivité et l’image de leurs métiers, la dégradation des conditions de travail des conducteurs urbains renverrait à deux enjeux : les distorsions de concurrence entre sociétés de transport et livreurs indépendants travaillant pour les plateformes numériques de livraison, et leur environnement de travail. Pour y répondre, le livre blanc préconise par exemple « l’augmentation des places de livraison adaptées aux véhicules lourds avec trottoirs abaissés, le contrôle des règles avec des sanctions plus sévères et la décongestion des villes » par un meilleur partage de l’espace public. La mutualisation des infrastructures dédiées au transport de personnes pour les véhicules de fret « propres » est évoquée. D’actualité avec le déploiement de terrasses sur les voiries parisiennes, le Gatmarif insiste sur le « maintien des 9 400 aires de livraison actuelles » et leur développement avec des gabarits adaptés aux véhicules de livraison.


Schéma régional des flux de marchandises


À l’heure du Grand Paris et à la veille des Jeux olympiques, la sécurisation des approvisionnements en matériaux et des évacuations de déchets des chantiers est une autre priorité citée. Inspirées par des travaux européens (programme SUCCESS) et des démarches de plusieurs villes comme Londres, les propositions visent à mettre en place « un plan logistique des sites de construction, des centres de consolidation pour la construction (CCC) et une formation spécifique pour les conducteurs de chantiers urbains ». Les synergies multimodales avec le fluvial ou le rail sont encouragées. Consolidant ces mesures, la dernière attente du Gatmarif concerne « la reconnaissance et la prise en compte de la logistique dans les politiques d’urbanisme ». Plusieurs pistes sont citées telles que la mise en œuvre « d’un schéma régional des flux de marchandises dans les projets urbains, de hubs urbains mutualisés » ou l’intégration des enjeux de livraison diurne et nocturne dans les règlements locaux d’urbanisme.


 


Les transporteurs et logisticiens ainsi que leurs clients estiment que la sortie du diesel en 2024 et du moteur thermique d’ici 2030 est « intenable » en Île-de-France et à Paris. Deux raisons sont évoquées : le manque de capacités de production et d’offres pour remplacer une flotte régionale composée de 51 000 poids lourds et 900 000 utilitaires fonctionnant à l’essence et au diesel pour l’essentiel, et le financement de cette conversion en tenant compte du prix plus élevé des véhicules non thermiques et des investissements à engager pour concevoir des réseaux d’avitaillement adaptés et dimensionnés. Le Gatmarif demande un nouvel agenda « partagé et réaliste » ainsi que des aides à l’acquisition plus importantes.


Erick Demangeon


© Pixabay. 


 
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