Transports, Infrastructures & Mobilité

Transition énergétique


La transition énergétique coince dans le fret routier


Début 2021, le ministère des Transports a lancé une consultation sous la forme d’une force opérationnelle, ou « task force », consacrée à la transition énergétique du transport routier. Rassemblant les transporteurs, les constructeurs de véhicules industriels, les énergéticiens et les administrations concernées, cette consultation devait rendre ses conclusions à l’été 2021 initialement. À la place, des bilans intermédiaires sont publiés à l’initiative des organisations professionnelles du transport routier de marchandises qui révèlent les difficultés à aligner les visions de chaque partie. Fin mai, la task force a dressé plusieurs constats selon ces dernières. Connu, mais bon à garder à l’esprit, le premier rappelle que la transition énergétique engagera d’importantes ressources financières publiques et privées (transporteurs, constructeurs, chargeurs, consommateurs). D’après les fournisseurs d’énergie, la disponibilité des différentes énergies alternatives serait suffisante pour alimenter les flottes de véhicules lourds. « À quels prix et sous quels délais ? » interrogent les organisations professionnelles. Ces dernières demandent que les projections intègrent les conséquences d’événements conjoncturels, dont sanitaires et géopolitiques, ainsi que la notion d’indépendance énergétique. Ces paramètres sont susceptibles de modifier les calendriers et les coûts de production de ces énergies à leurs yeux. S’agissant de l’électrique, la capacité du réseau à supporter une multiplication des raccordements de recharges rapides pour poids lourds resterait problématique, et pourrait nuire à l’équité d’accès à cette énergie. La maturité d’un réseau de recharge adapté n’est envisagée qu’à partir de 2040 au mieux.


En l’état, les travaux de la task force montrent que le diesel demeurerait majoritairement utilisé pour la plupart des usages du fret routier jusqu’en 2040. Dans ce contexte, les organisations professionnelles dans ce domaine plaident pour un soutien en faveur d’énergies alternatives transitoires (biocarburants B100, XTL… et le biogaz). Disponibles, assurent-elles, ces énergies permettraient d’engager immédiatement la transition énergétique du secteur et de le préparer au calendrier des zones à faibles émissions mobilité (ZFE-m) ; sous réserve aussi de redéfinir le classement Crit’Air pour certaines. Pour être appliquées, ces mesures supposeraient d’apporter des modifications législatives aux articles 130 et 103 de la loi climat et résilience en particulier (fiscalité sur le gazole d’ici à 2030 et fin de la vente des véhicules lourds thermiques d’ici à 2040). Sous l’égide de France Logistique et associant désormais les collectivités territoriales, les travaux de la task force se poursuivent. Ses conclusions, annoncées pour cet automne, devraient être présentées lors d’un prochain comité interministériel de la logistique. Elles devraient servir aussi à la publication de la future loi de programmation pluriannuelle énergie et climat prévue en juillet 2023.


Erick Demangeon 


© Volkswagen 


 
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